Conférence ABLI 2017


Renforcer les aptitudes des adolescents de 10 à 17 ans à la gestion de la sexualité

img_6128268 adolescentes ont pris part aux “Journées de adolescents” organisées par le projet Esther de l’Alliance biblique du Cameroun. Pendant 4 jours, les adolescents ont


Atelier de la communication et de la collecte de fonds du 17 au 21 octobre 2016 au Ghana

img_6510Depuis ce matin, se tient à Erata Hotel au Ghana, l’atelier sur la création des sites Web pour les Alliances bibliques d’Afrique. 15 participants représentant leur pays prennent part à cet atelier dirigé par l’équipe de Mission Global de l’Alliance biblique universelle.

Dans la salle de conférence qui accueille les apprenants, les participants sont très concentrés. Chacun essai de comprendre le procédé de création d’un site et s’y met résolument. Les étapes sont multiples: rédactions d’articles, ajouts des photos, insertions des liens, publications et modifications. Dans tous les cas, les premiers essaies semblent captivants.

Tout porte à croire que les participants rentreront le 21 octobre prochain avec un site plus élaboré. Le travail n’étant pas achevé, les participants ont tout intérêt à peaufiner et achever le travail qu’ils ont commencé pour la joie des visiteurs des Alliances bibliques.

 

 

 


5000 Kapsikis bravent le danger pour assister au lancement de leur Bible

Par Jacqueline Zoutene, l’Alliance biblique du Cameroun

Le 4 juin dernier, les montagnes de Mogodé, dans l’extrême nord du Cameroun, ont connu la plus grande affluence de leur histoire, alors même que tout rassemblement est d’habitude interdit pour raison de sécurité. Dans cette zone située à quelques mètres de la frontière avec le Nigeria, la secte Boko Haram commet en effet des raids meurtriers.

250 soldats

Une autorisation spéciale avait donc été obtenue pour que tous ceux qui le souhaitaient puissent venir assister au lancement de la Bible en kapsiki – et quelque 250 soldats avaient été envoyés pour les protéger, sous la direction personnelle du général des forces armées basées dans la zone.

Dès la veille, la parade était celle des grands jours. Même les arbres de Mogodé étaient décorés pour saluer l’arrivée de la Bible, hôte de marque par excellence. Tout au long du trajet depuis Maroua, siège de l’œuvre biblique dans la région, la délégation de l’Alliance Biblique du Cameroun, conduite par le Directeur Général, Luc Gnowa, et protégée par de nombreux militaires, a été accueillie en grande pompe. Dans chaque village kapsiki traversé, les habitants, qui attendaient le passage du cortège de la Bible, laissaient éclater leur joie.

L’arrivée du cortège.
L’arrivée du cortège

C’est à Mogodé, la ville de la dédicace, que la mobilisation a atteint son point culminant. Le camion militaire qui transportait les bibles s’est arrêté devant l’église catholique entourée d’une foule très émue. Chants et danses ont agrémenté ces moments de liesse qui ont duré jusqu’à tard dans la nuit.

Des habits de fête

Le lendemain, chacun a revêtu ses habits de fête. Au stade municipal, où a lieu l’évènement, les groupes traditionnels et les chorales sont arrivés longtemps en avance. Ils égayent les invités et la population par leurs chants et danses avant le lancement de la cérémonie. Enfin, tout est prêt : les autorités politiques, religieuses, militaires, les élites et la communauté kapsiki venues de plusieurs villes du Cameroun et des villages environnants sont au rendez-vous.

Chaque intervention est ponctuée de chants et de danses, avant le moment tant attendu : l’arrivée de la Bible. Elle reçoit l’honneur dû à un roi. L’enfant qui tient la Bible enveloppée est lui-même porté par deux hommes. Un groupe de personnes l’accompagne dans une procession solennelle avec des chants. La Bible est remise au directeur général de l’Alliance biblique du Cameroun qui va la dévoiler aux quelque 5000 Kapsikis présents, après les avoir exhortés à en faire bon usage.

L'arrivée de la Bible Kapsiki.
L’arrivée de la Bible Kapsiki.

Le maire ne cache pas sa joie. Pour lui, la dédicace de la Bible en kapsiki arrive au moment où les Kapsikis ont plus que jamais besoin de connaître leur Créateur – et la langue maternelle est incontestablement la plus indiquée pour ce faire. Il exhorte donc tous les Kapsikis, qu’ils habitent dans la région ou qu’ils l’aient quittée, à apprendre à écrire et à lire leur langue pour la préserver et préserver ainsi leurs racines mêmes.

A genoux devant tous

Une collecte est annoncée pour permettre aux Camerounais qui n’ont pas encore la Bible dans leur langue d’en jouir également. Le pasteur Kodji Yohanna, le tout premier à apporter une contribution d’un million de francs CFA (environ 1725 dollars US), émeut l’assistance lorsque, à genoux devant tous et levant la Bible, il remercie Dieu.

Faveu, une des nombreuses personnes venues acheter la Bible à l’issue de la cérémonie, manifeste son contentement. « C’est une fierté, lance-t-il. Je vais en faire mon oreiller, je la lirai tous les jours, en tout temps ». – Et, déjà, il se plonge dans sa lecture.

Faveu (à droite) et le président du comité de traduction Kapsiki.
Faveu (à droite) et le président du comité de traduction Kapsiki.

Il y a quelques mois, un pasteur kapsiki, le pasteur Kodji Nouhou, avait déclaré par la foi : « Il n’y aura aucun problème, la célébration aura lieu ». Et malgré les considérables problèmes sécuritaires, elle a bien eu lieu, et a attiré des milliers de personnes. Pour le directeur général de l’Alliance biblique du Cameroun, c’est un pari gagné et un grand sujet d’action de grâces.


La communauté Musgum du Cameroun accueille sa Bible dans la liesse

Le 28 mai dernier, la communauté musgum a vécu l’évènement le plus incroyable de la vie d’un peuple : recevoir la Bible dans sa langue. « Peuple musgum, la Parole de Dieu est à toi ! Tu es béni à cause d’elle », a ainsi déclaré le pasteur Isaac Sissou pendant la cérémonie de dédicace.

Les Musgums avaient préparé l’évènement depuis des mois : la Bible devait être accueillie avec soin et de façon solennelle malgré l’insécurité qui prévaut dans la zone, en proie aux attaques meurtrières de la secte Boko Haram. Toutes les dispositions avaient donc été prises pour que la fête soit réussie, la présence des gendarmes, une bonne cinquantaine, et autant de membres du comité de vigilance renforçant les dispositions prises sur le plan sécuritaire : de ce point de vue aussi, cette célébration était toute particulière.

La veille, aux premières heures de la journée, devant les locaux de la délégation régionale de l’Alliance biblique à Maroua, les cartons de bibles ont été chargés dans deux camionnettes. Les chrétiens musgums résidant dans la ville se sont ensuite installés dans les autres, ainsi qu’un bon nombre d’employés de l’Alliance biblique du Cameroun également présents : de nombreux véhicules constituaient l’escorte.

Une foule immense

Après près de trois heures de route, c’est l’arrivée à Pouss. A la vingtaine de véhicules qui accompagnent la Bible s’ajoutent plus d’une cinquantaine de motocyclistes qui ont rejoint l’escorte à environ une vingtaine de kilomètres de là. Une foule immense estimée à 5000 personnes venues des différentes régions du Cameroun se tient aux abords de l’église fraternelle luthérienne où va avoir lieu la dédicace pour accueillir la nouvelle Bible. Hommes, femmes et enfants sont massés, tenant des feuilles d’arbres qui rappellent l’entrée de Jésus à Jérusalem, chantant et dansant.

Cela fait 45 ans que le peuple musgum, qui compte près de 20.000 chrétiens dans cette région à majorité musulmane, attend ce grand jour. Alors quelle effervescence ! Après avoir reçu leur Nouveau Testament en 1964, Dieu leur donne la grâce d’avoir la Bible entière dans leur langue.

Un rêve réalisé

Pour Daniel qui vit ces moments très émouvants, c’est son rêve qui se réalise enfin. « J’achèterai quatre bibles, une pour moi, une pour ma femme et les deux autres pour mes deux enfants », confie-t-il. Pour cela il doit attendre la fin de la cérémonie qui s’annonce chargée avec plusieurs interventions, des chants, des danses et le moment le plus solennel : celui de la découverte de la Bible.

 

Daniel could hardly wait to buy four copies of the new Bible for himself and his family.
Daniel.

Enfin, la Bible, Parole de Dieu – « Du nak sdik na wini Alaw » en musgum –, arrive. Un groupe de danseurs la précèdent, esquissant des pas traditionnels. Une femme porte un plateau sur lequel est posée la Bible enveloppée dans un tissu.

Elle le remet au directeur général de l’Alliance biblique du Cameroun, Luc Gnowa, qui, après son intervention, la dévoile au peuple en disant : « Voici votre Bible ». A ces mots retentissent des applaudissements interminables et des cris de joie. M. Gnowa quant à lui rayonne de fierté d’avoir accompagné ce projet depuis ses débuts, 14 ans auparavant.

Luc Gnowa: “Here is your Bible!”
Luc Gnowa : « Voici votre Bible ! »

Les chefs d’Eglise du Cameroun et du Tchad qui assistent à cet évènement reçoivent des exemplaires de la nouvelle Bible, de même que les traducteurs, les vérificateurs et 22 personnes qui ont soutenu financièrement l’œuvre de l’Alliance biblique.

« Fier d’avoir ma Bible »

A la fin de la cérémonie, les communautés se précipitent pour acheter la Bible. Joël, qui est venu de Doukoula, une autre ville de la région, a déjà récupéré la sienne. « Je suis fier d’avoir ma Bible », dit-il tout en commençant à la lire avec un plaisir manifeste.

Gaston quant à lui, venu de Guider, un peu plus loin, en a déjà pris quatre pour toute sa famille. « Enfin le fruit de nos efforts, l’aboutissement du travail de nos aînés. La Bible est bien là ! », déclare-t-il.

Gaston was delighted to see the culmination of years of translation work.Gaston.

Prions maintenant pour que la communauté musgum mette en pratique le message adressé par le pasteur Isaac Sissou, celui de puiser à la source de la Vie, de lire et de faire lire cette Bible qui est « une force qui transforme ».

An elderly lady dancing at the launch of the Musgum Bible.Une grand mère qui danse chez les musgum.

View of the dedication ceremony.Une vue de la foule.
Dancers heralded the arrival of the Musgum Bible.L’arrivée de la Bible Musgum.

Journée de prière de l’Alliance biblique universelle : Unissons-nous dans la prière pour l’œuvre biblique

Chaque année, le 9 mai, les Sociétés bibliques du monde entier célèbrent la Journée de prière de l’Alliance biblique universelle, en union avec les Eglises, amis et soutiens. Cette tradition bien établie qui nous est chère est pour nous l’occasion de prier tous ensemble pour l’œuvre biblique. 

Cette année, la Journée de prière revêt un caractère tout particulier puisque nous rendrons grâce à Dieu pour la bénédiction qu’il a fait reposer sur notre travail tout au long des 70 dernières années : en effet, le 9 mai 1946, des représentants d’un petit nombre de Sociétés bibliques réunis dans un esprit de prière ont décidé de créer l’Alliance biblique universelle. Aujourd’hui, les Sociétés bibliques qui composent cette Alliance mondiale œuvrent dans 200 pays et territoires, se consacrant à la traduction, l’édition et la diffusion de la Bible, aidant nos contemporains à comprendre et à entrer en interaction avec son message, et s’engageant dans une large variété de ministères bibliques.

En rétrospective, nous constatons qu’il n’y a aucune limite à ce que peut accomplir Celui qui rend toutes choses possibles dès lors que nos propres projets sont placés sous son autorité. Cela nous remplit d’humilité tout en nous faisant espérer bien davantage.

Quand les amis des Sociétés bibliques à travers le monde se réunissent pour prier, ils sont en communion avec le Seigneur et constituent en même temps une communauté, celle de la famille de Dieu. Partie intégrante de la vie chrétienne, la prière a toujours la même importance, qu’elle soit vécue en groupe ou de manière personnelle. Rejoignez cette grande chaîne de prière qui unit des milliers de personnes des quatre coins du monde.

Malgré tous les efforts fournis par nos Sociétés bibliques, le nombre des personnes non encore atteintes par la Parole de Dieu reste important. Cela est dû à une multitude de facteurs divers tels que les difficultés géographiques, économiques, politiques et sociales, mais aussi la persécution religieuse. Il est donc essentiel de prier pour toutes les personnes qui s’efforcent d’aplanir ces obstacles, ainsi que pour le travail accompli par les Sociétés bibliques. Celles-ci agissent pour mettre le Livre des livres à la portée de tous, dans une langue qu’ils puissent comprendre et à un prix abordable.

Rendez grâce avec nous pour les 28 langues qui ont accueilli la toute première traduction de la Bible l’année dernière (11 langues la Bible intégrale, 6 le Nouveau Testament et 11 des livrets bibliques). En tant que lecteurs de la Bible, pensons aux 497 millions de personnes qui parlent une des 3 952 langues qui ne disposent toujours pas du moindre texte biblique.

Merci de prier pour

  • la progression de la diffusion de la Bible,
  • les nouveaux projets de traduction,
  • les programmes bibliques ayant un impact social,
  • la disponibilité des ressources humaines et financières, et pour
  • l’impact de la Bible sur la vie de nos contemporains.

Prière de remerciement spéciale 70ème anniversaire

Oui, le Seigneur votre Dieu vous a bénis dans tout ce que vous avez fait. (Deutéronome 2:7)

Dieu notre Père, en ce jour très spécial, nous te remercions pour les nombreux bienfaits dont tu couvres notre travail depuis 70 ans. Nous te rendons grâce d’avoir œuvré le 9 mai 1946 pour que les représentants d’un petit groupe de Sociétés bibliques, « inspirés par le besoin du monde d’entendre la Parole de Dieu et l’alliance chrétienne qui unit solidement ceux qui se chargent de la transmettre », aient convenu de créer l’Alliance biblique universelle.

Merci Seigneur de cet héritage. Continue de guider notre interprétation de la vision divine de nos fondateurs, de nous donner la sagesse, l’énergie et l’inspiration qui nous permettront de continuer, ensemble, à transmettre, faire connaître et faire aimer ta Parole dans le monde entier.

Ta parole est une lampe qui éclaire mes pas, une lumière sur ma route. (Psaume 119:105)

Grâce à ta générosité et à tes conseils, Seigneur, le travail de notre Alliance s’est développé et a fructifié. Nous nous réjouissons de pouvoir remplir notre mission biblique, en partenariat avec les églises de presque tous les pays de la planète. Nous te remercions aussi de nous avoir équipé pour entreprendre tous les aspects du travail de la Bible, de sa traduction, sa publication et sa distribution aux explications qui aident le monde à la comprendre et à en appliquer le message au quotidien.

Merci Seigneur, de nous avoir accordé le privilège de travailler dans ton Royaume. Donne-nous l’énergie constamment renouvelée pour chercher de nouveaux moyens de transmettre ton message éternel d’amour, dans un monde de changement perpétuel.

C’est moi qui vous ai choisis. Je vous ai envoyés produire des fruits, et des fruits qui durent. (Jean 15:16)

Notre Père, nous exprimons notre gratitude pour les personnes, les églises et organisations du monde entier qui rendent notre travail possible par leurs prières, leur bénévolat et leurs contributions financières. Beaucoup soutiennent fidèlement la cause de la Bible depuis de nombreuses années et nous te demandons de bénir chacune d’entre elles.

Merci Seigneur, de nous permettre d’accomplir ce travail en leur compagnie ; tu as choisi et envoyé de nombreux fidèles aux quatre coins du monde pour diffuser ta Parole. Aide-nous, à donner aux gens la possibilité d’accomplir le grand ordre de mission du partage de la Bonne nouvelle, de ton amour et de ta rédemption.

Cette Bonne Nouvelle donne des résultats et se développe aussi dans le monde. (Lettre aux Colossiens 1:6)

Ta parole est vivante, Ô Seigneur ! Nous te rendons grâce de ta Parole, qui transforme les vies et les communautés et des incroyables témoignages de ta Parole que nous voyons et que nous entendons dans le monde entier. Nous prions pour que tu continues à bénir, inspirer, équiper et protéger toutes celles et tous ceux qui œuvrent pour diffuser le message de la Bible.

Nous te le demandons au nom de Jésus.

Amen.


Un programme d’inspiration biblique dans les Caraïbes pour lutter contre les violences familiales

March 4, 2015 / Author:
Bible program tackles domestic violence in the Caribbean

 

A l’occasion de la Journée internationale de la femme, 8 mars

Pour la plupart, le mot « Caraïbes » évoque les vastes plages de sable fin, les cocotiers et les vacances, bref, un paradis sur terre. Mais pour de plus en plus de femmes de cette région, la vie ressemble plutôt à un enfer en raison des violences dont elles sont victimes au sein de leur foyer. Les Sociétés bibliques de la région font donc appel à la Bible pour lutter contre ce fléau de plus en plus répandu et sont récompensées par des résultats encourageants.

*Depuis des années, Mary* était prisonnière, incapable de se libérer de sa relation marquée par la violence. A plusieurs reprises, elle avait été hospitalisée après avoir subi les coups de son conjoint. Elle avait désespérément besoin d’aide, mais ne savait quoi faire. Ce n’est que lorsque sa Société biblique locale a commencé à former les Eglises à épauler les victimes de violences familiales que Mary a pu recevoir l’aide dont elle avait besoin. Elle est en train de changer de vie.

« Si seulement j’avais pu avoir cette aide plus tôt, je n’aurais pas eu à souffrir pendant tant d’années », regrette-t-elle.

Mary vit en Jamaïque, mais elle partage malheureusement le sort de nombreuses autres femmes caribéennes. Bien qu’il soit difficile d’obtenir des statistiques précises pour chaque pays de la région, on sait que les cas de violences familiales y sont nombreux et qu’ils se multiplient. Ainsi, 33 % des familles jamaïcaines et27 % des foyers de la Barbade, environ sont victimes d’une forme de violences familiales quelle qu’elle soit. D’ailleurs, ce phénomène joue un rôle non négligeable dans les statistiques criminelles de la région, puisqu’environ 25 % des meurtres sont commis au sein du foyer. Presque toutes les victimes de ces crimes sont des femmes.

En tant que chrétiens, il est de notre devoir d’intervenir et de rappeler à tous, hommes, femmes ou enfants, que Dieu condamne la violence.

« La violence à l’égard des femmes semble impossible à stopper, malgré le travail de bon nombre d’organisations de femmes, explique Erny Van Axel, de la Société biblique du Suriname. En tant que chrétiens, il est de notre devoir d’intervenir et de rappeler à tous, hommes, femmes ou enfants, que Dieu condamne la violence. Nous devons leur donner accès au message de la Bible, à savoir que nous avons tous été créés à l’image de Dieu et méritons amour, respect et dignité. »

C’est là la tâche à laquelle s’attellent les Sociétés bibliques des Caraïbes depuis quelques années. Elles mettent essentiellement l’accent sur la formation des Eglises à cet égard.

« Bien souvent, c’est vers leur Eglise que les victimes de violences familiales se tournent spontanément, explique le pasteur Courtney Stewart, de la Société biblique des Grandes Antilles.Cependant, le thème des violences familiales ne fait pas partie de la formation des responsables d’Eglises dans les facultés de théologie : ils ne savent pas vraiment comment réagir. C’est pourquoi de nombreux pasteurs, moniteurs d’école du dimanche et responsables locaux demandent à assister aux formations que nous proposons avec nos partenaires. »

Un atelier « Faites cesser les violences » pour des membres d’Eglises en Haïti, où les violences domestiques ont atteint des niveaux pandémiques.

Un atelier « Faites cesser les violences » pour des membres d’Eglises en Haïti, où les violences domestiques ont atteint des niveaux pandémiques.

Des centaines de personnes dans les Caraïbes ont déjà bénéficié d’une formation. Elles sont désormais en mesure de reconnaître les symptômes des violences familiales et de proposer des conseils et un accompagnement efficaces et personnalisés basés sur deux livrets d’inspiration biblique, Faites cesser les violences (destiné aux adultes) et J’aime mon corps (pour les enfants).

Gabbie*, 13 ans, qui a grandi en Haïti, a été victime d’agressions sexuelles alors qu’elle vivait dans un campement de tentes suite au tremblement de terre de 2010. Selon elle, la prise en charge proposée par une responsable de l’Eglise l’a énormément aidée.

« Cela m’a aidée à comprendre que si je n’en parle pas, nous ne pourrons jamais stopper ces violences, explique-t-elle. J’ai aussi appris que je n’avais pas à éprouver de honte. »

Le taux de violences à l’égard des femmes est extraordinairement élevé en Haïti : ainsi, on estime qu’environ 80 % des femmes sont victimes d’une forme ou d’une autre de maltraitance et que ce chiffre a même augmenté depuis le tremblement de terre.

« Le tremblement de terre a provoqué tant de colère et de frustration, note Magda Victor, secrétaire générale de la Société biblique haïtienne. Il a détruit les habitations et les moyens de subsistance et a aggravé la promiscuité, ce qui a fait augmenter le nombre de cas de violences familiales. »

Depuis 2012, la Société biblique haïtienne propose des ateliers sur les violences familiales et diffuse des émissions de sensibilisation à la radio pour lutter contre ce phénomène.

Kleia Emanuels-Mijnsen
Kleia Emanuels-Mijnsen

La Société biblique du Suriname utilise elle aussi la radio pour faire entendre son message au sujet des violences familiales. C’est justement cette émission qui a changé la vie de Kleia Emanuels-Mijnsen.

« J’écoutais une émission évangélique à la radio avec des amies lorsqu’il y a eu une séance de consultation sur les violences familiales. Au fur et à mesure, j’ai senti qu’il fallait que j’appelle ce numéro pour me faire aider : j’avais vécu exactement ce dont ils parlaient. J’ai été victime de viol et de mauvais traitements de la part d’un ami de la famille. Je ne l’avais jamais dit à qui que ce soit et n’avais jamais fait face à ma douleur. Ça avait totalement détruit ma relation avec ma mère et je me méfiais de tous les hommes sans exception.

Il m’a fallu des mois d’aide pour surmonter les violences et le traumatisme que j’avais subis avant de pouvoir me débarrasser de toute l’amertume que j’éprouvais. Maintenant, je suis mariée et heureuse dans mon couple, j’ai deux fils et j’aide d’autres femmes qui sont dans mon cas. »

La Société biblique des Grandes Antilles prévoit de lancer ce programme aux Bahamas dans les mois à venir, car là-bas aussi, le phénomène des violences familiales est de plus en plus présent.

« Nous vous invitons à prier avec nous pour que nous puissions sauver des femmes et des enfants, mais aussi des hommes, puisque ce sont souvent eux les auteurs de ces violences au sein de la famille », demande M. Stewart.

*Les prénoms ont été modifiés pour protéger l’anonymat de ces personnes.